Vu par

Guéhenno vu par ses élèves

Jacques Andréani, né à Paris le 22 novembre 1929 et mort à Pornic le 25 juillet 2015, était un diplomate français. Élève au lycée Buffon en seconde en 1943-1944 lors de la rétrogradation de Guéhenno :

« Ce qui m’a touché le plus, ce sont ses qualités humaines.  Il en fallait beaucoup pour se plier avec le sourire à la tâche ingrate de rabâchage à l’usage de morveux sans talent particulier où ce professeur de haut niveau avait été relégué par l’insolente vigilance d’Abel Bonnard et de ses collaborateurs (au double sens du mot). La dureté des temps n’altérait pas son extrême douceur, tout au contraire. »

Lettre adressée à Patrick Bachelier, secrétaire des Amis de Jean-Guéhenno, le 24 mars 1999.

 

René Billères, homme politique français, né le 29 août 1910 à Ger (Hautes-Pyrénées) et décédé le 2 octobre 2004 à Lourdes. Élève à la khâgne du lycée Lakanal de Sceaux en 1930.

« La classe commençait par une “explication de texte ” confiée à l’un de nous, envoyé en reconnaissance et dont le maître écoutait le rapport, silencieux et recueilli. Puis il montait en chaire, pour lire et commenter à mesure. Il s’imposait aussitôt. Sa voix à la fois chaude et claire, prenante, ouvrait sur le champ de la classe un espace nouveau plus subtil, sensible, réceptif. Il avait une capacité merveilleuse d’analyse et d’admiration. D’emblée il allait à l’essentiel, à ce qui se révélait toujours présent, actuel. Il ouvrait devant nous les trésors impérissables du génie : pensés, idées, sentiments, passions, indignations, ironies, aspirations, rêves. En vérité, il n’expliquait pas, il ne commentait pas, il s’identifiait au texte, le vivait intensément, le recréait avec l’auteur que sa faveur inspirée faisait entrer en personne dans la classe et dont il apparaissait comme le confident, le mandataire, le messager et presque l’égal. […] Guéhenno, en une seule année, a marqué toute ma vie. »

Lettre adressée à Patrick Bachelier, secrétaire des Amis de Jean-Guéhenno, le 19 février 1999.

 

Alain Bourdon, ancien secrétaire de l’École des Mines, vice-président de l’ANALIV. Élève à la khâgne du lycée Lakanal de Sceaux en 1929.

« La foi de Jean Guéhenno, celle qu’il savait si merveilleusement communiquer, c’est la foi qui soulève les montagnes, c’est celle qui me décrochait de ma pauvre condition de khâgneux qui croyait n’avoir à faire que des études littéraires. C’est celle qui veut que refuse de céder le roseau pensant. […] Comme Hugo, Jean Guéhenno fait des êtres et des choses les plus humbles, un reportage qui s’élève, comme de lui-même en grandiose.[…] Et, transformant les travaux et les jours, qui sont le tissu de l’histoire, ces grands écrivains, ces poètes, font du récit de nos vies un récit pathétique de nos destins, toujours à maîtriser. »

Témoignage du 24 septembre 1988, lors des Rencontres Jean Guéhenno à l’Espace III à Fougères.

 

Michel Brunet, peintre, décorateur, costumier et graveur. Travailla au Service des expositions de la Bibliothèque nationale de 1955 à 2000. Élève au lycée Buffon en 1943-1944.

Rencontré par Annie Guéhenno en 1987 lors d’une exposition : « Il m’a raconté que, quel que soit le sujet, Jean terminait chaque cours par un sonore : “ Et la liberté !” ».

Jean Paulhan-Jean Guéhenno, Correspondance 1926-1968, note p. 292, témoignage recueilli par Jean-Kely Paulhan.

 

Henri Coulet, né le 18 mars 1920 à Bamako, est un critique et essayiste français spécialiste du roman et du théâtre français des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles. Élève à la khâgne de Clermont-Ferrand en 1939-1940.

« Lors de ma soutenance de thèse, dans un amphi de la Sorbonne, Guéhenno qui avait appris la date et lieu de cette soutenance, est venu y assister : son état ne lui permettait pas de s’asseoir, et pendant toute la soutenance il est resté, debout, appuyé sur sa canne, sur le côté des travées. Combien de professeurs pousseraient-ils aussi loin une marque d’intérêt et d’amitié pour un ancien élève ? ».

Lettre adressée à Patrick Bachelier, secrétaire des Amis de Jean-Guéhenno, le 16 décembre 2009.

 

Jean Deprun, historien de la philosophie française, né en 1923, mort en 2006. Agrégé de philosophie en 1948. Élève à la khâgne de Louis-le-Grand en 1941-1942.

À la prise de fonction de Guéhenno, les khâgneux de Louis-le-Grand imaginaient un tribun poussant la porte. Jean Deprun : « Comme nous nous trompions ! Voici qu’entre doucement, presque timidement, l’auteur de Caliban parle […]. Après quelques mots quasi murmurés, voici que sa voix s’élève : Je suis ici, Messieurs, pour vous aider à devenir, non pas ce qu’on appelle aujourd’hui des “ jeunes hommes ”, mais des “ hommes ”. Ce n’étaient pas les disciples qui commandaient à Socrate, c’est Socrate qui commandait à ses disciples. »

Jean Deprun, Hommage à Jean Guéhenno, extrait de l’Annuaire des Anciens élèves de l’École normale supérieure, 1979.

 

Guy Desgranges. Élève à la khâgne Henri IV en 1940-1941.

« Il ne masquait pas ses préférences idéologiques, mais nous engageait à saisir une pensée dans sa force pure et dure, les pensées amies comme les pensées adverses. Devant ces débats essentiels, il était grave et voulait qu'on le fût. Ni compromis ni frivolité : ces textes posaient des questions qu'on ne pouvait pas esquiver. […] L'écrivain nous faisait découvrir les secrets de l'écriture et du style, et le professeur nous ramenait aux grands classiques, hors de notre "littérature" et de notre concession. Précieuse expérience, à laquelle on se voudrait fidèle. »

Guy Desgranges, Hommage à Jean Guéhenno, Armand Colin, 1962, p. 10.

 

Jean-Marie Domenach, né le 13 février 1922 dans le 2ᵉ arrondissement de Lyon et mort le 5 juillet 1997 dans le 5ᵉ arrondissement de Paris, est un résistant, écrivain et intellectuel français catholique. Élève à la khâgne de Clermont-Ferrand en 1939-1940.

« Ses cours étaient des fusées. »

« Ce fut une explosion comme on en connaît à dix-huit ans. Le plus grand et le plus beau de la littérature française nous tombait dessus en avalanche dans les cours qui commençaient en psychodrame et qui s’achevaient souvent en drame ou en fête. C’est la grande fanfare hugolienne qu’il déchaînait de sa voix haletante. »

Jean-Marie Domenach, Guéhenno, « Socrate au XXe siècle », Les Nouvelles littéraires, 28 septembre 1978.

 

Jacques Dupâquier, né à Sainte-Adresse le 30 janvier 1922, mort le 23 juillet 2010 à Pontoise, est un historien français et membre de l'Institut (Académie des sciences morales et politiques), spécialiste de l'histoire des populations et de démographie historique. Élève à la khâgne de Louis-le-Grand en 1941-1942.

« Lorsque j’ai découvert Guéhenno j’étais comme une éponge desséchée sur une plage. Sa présence a été cette eau qui a regonflé et donné vie à l’éponge sèche que j’étais. Il m’a “ révolutionné ” en trois semaines. C’était un homme extrêmement intelligent avec ce que j’appelle une “ expansion ” du cœur. […] Son enseignement revêtait un véritable aspect théâtral. Il déclamait. Le professeur était mué en acteur. Il était un véritable souffle lyrique de toute la littérature. »

Entretien avec Patrick Bachelier, secrétaire des Amis de Jean-Guéhenno, le 23 août 2002.

 

Robert Etienne, né le 18 janvier 1921 à Mérignac et décédé le 9 janvier 2009, est un historien français de l'antiquité romaine. Élève à la khâgne de Louis-le-Grand en 1941-1942.

Robert Etienne garde en mémoire son humeur en cet hiver très rigoureux. Avec ses camarades, il bat la semelle en attendant le maître emmitouflé dans une vaste pèlerine, « très souvent d’une humeur sombre », restant à l’unisson du monde extérieur « qui ne l’invitait ni à plaisanter ni à lâcher un peu de pression ». Souvent, les élèves découvraient avec stupeur leur professeur affalé sur son bureau, silencieux quelques minutes : « C’était pour lui une manière de penser en communion avec la souffrance de l’époque et de participer, ne serait-ce qu’un moment à la tristesse du temps. »

Lettre adressée à Patrick Bachelier, secrétaire des Amis de Jean-Guéhenno, le 8 février 2006.

 

Jacques Lusseyran, né le 19 septembre 1924 à Paris et mort le 27 juillet 1971 à Saint-Géréon, aveugle depuis l'âge de 8 ans, est un résistant français, responsable au sein des mouvements Volontaires de la Liberté, puis Défense de la France, déporté à Buchenwald en 1944-1945, par la suite professeur de littérature et de philosophie aux États-Unis.. Élève à la khâgne Henri IV en 1942-1943.

« J’eus cette année-là l’un des plus prestigieux de mes maîtres. Il nous imposait le respect, car il était écrivain. Mais ce mérite ne comptait guère : il tenait d’ailleurs sa puissance. Il avait une présence tragique. Quand il nous vit : “ Messieurs nous tiendrons les fenêtres fermées…” Et ce mot n’était pas une image : il enseignait précisément ce que l’Europe de 1942 proscrivait. Il enseignait la liberté, la liberté devant Pascal, devant Voltaire, devant Renan. Il enseignait le droit de vivre et le grand besoin juste des peuples à devenir heureux. Tout ce qu’il disait, il le savait, il le voulait. Cet homme n’était pas instruit, compétent, à la façon des autres ; ou plutôt, il savait beaucoup, mais il acceptait d’oublier. Nous recommencions avec lui tous les textes, et c’était lui qui les composait devant nous. Sa voix suivait les passions d’autrui avec un respect admirable : elle avait les douceurs de Virgile, la bonhommie de Montaigne et la bravoure de Michelet. Sa voix était faible d’abord. Elle naissait sourdement, insistait, revenait. Jamais elle n’était affectée : elle ignorait la ruse. Puis, peu à peu, elle montait, elle appelait, sollicitait, affirmait. Elle avait de terribles éclats prolongés qui expliquaient ce qu’elle n’avait su dire. Je n’avais jamais connu maître aussi noble et d’une si totale conscience. “Je reprends aujourd’hui, messieurs, ce que je vous disais hier. Je l’ai mal dit. Or nous n’avons jamais le droit de rien laisser dans l’ombre.” »

Jacques Lusseyran, Et la Lumière fut, La Table Ronde, 1953, pp. 260-261.

 

Pierre Moussa, né le 5 mars 1922 à Lyon, est un haut fonctionnaire français devenu banquier. Élève à la khâgne de Clermont-Ferrand en 1939-1940.

« Sa voix était prenante, chaude, facilement lyrique, ponctuée d’exclamations. […] C’était un puissant rhéteur qui s’exaltait progressivement au son de sa propre voix ; cela débouchait quelquefois sur des colères d’orateur public. »

Pierre Moussa, La Roue de la fortune, Fayard, 1989, pp. 18-23.

 

Alain Joseph Raude, linguiste, historien et hagiographe. Élève à la khâgne Louis-le-Grand en 1942-1943.

Alain Joseph Raude se souvient de ce professeur « très franc », qui ne cachait pas ses opinions, ce qui « était flatteur pour nous ; Guéhenno avait confiance en nous, malgré la présence de deux élèves déclarés pétainistes ». Guéhenno ne supporte pas qu’un malaise s’installe entre lui et ses élèves, aussi décide-t-il de mettre les choses au clair. Alain Joseph Raude : « Je vais vous dire exactement ce qui s’est passé. C’est inoubliable. Nous sommes en plein paradoxe dans l’expression. Il nous expliquait Rabelais, L’Abbaye de Thélème, il arrive au passage où Rabelais écrit : “Ce sont gens libères !”, alors là il est parti : “Ce sont gens libères ! Ce sont gens libères ! Et je ne marche pas au pas et ne chante pas en cœur, ce qui serait se ramener à la bête !” Ce sont ces propos qu’il a utilisés pour mettre les choses au point. En se déclarant de façon paradoxale : marcher au pas et chanter en cœur, se ramener à la bête. Nous en avions le souffle coupé, personne n’a protesté, personne n’a été lui dire : “ Vous dites, vous avez pensé que marcher au pas de l’oie, cela relève de la bête, ou chanter en cœur, c’est hurler avec les loups !” Ces idées étaient sous-jacentes ! »

Entretien avec Patrick Bachelier, secrétaire des Amis de Jean-Guéhenno, le 28 mai 2003.

 

Madeleine Rebérioux, née le 8 septembre 1920 à Chambéry (Savoie), morte le 7 février 2005 à Paris, est une historienne française spécialiste de la IIIᵉ République. Élève à la khâgne de Clermont-Ferrand en 1939-1940.

« Nous avions comme professeur en littérature française et en latin Jean Guéhenno. Il ne savait pas beaucoup de latin mais cela n’avait pas d’importance : en littérature française il était très brillant. Le latin l’ennuyait à périr. […] Il était défensiste, comme on dit aujourd’hui quand on évoque cette époque, c’est-à dire qu’il pensait qu’il fallait faire face à la montée du nazisme par tous les moyens. Les textes qu’il nous faisait commenter en littérature française lui étaient l’occasion de se comparer à d’innombrables grands écrivains de son temps pour dire d’ailleurs qu’il leur était supérieur à tous, mais en même temps pour nous former dans cette idée qu’il faut résister. »

Actes du colloque des Universités de Clermont-Ferrand et de Strasbourg : Les facs sous Vichy, novembre 1993, textes rassemblés et présentés par André Gueslin.

 

René Rémond, né le 30 septembre 1918 à Lons-le-Saunier et mort le 14 avril 2007 à Paris, est un historien et politologue français, membre de l’Académie française à partir de 1998. Élève à la khâgne de Louis-le-Grand en 1941-1942.

René Rémond perçoit la peur chez son professeur : « C’est un écrivain réduit au silence, suspect pour les autorités », mais aussi sa méfiance envers certains, car aucun élève n’est dupe, les allusions, même discrètes, laissent deviner sa pensée ; les khâgnes étaient des « potaches suffisamment éveillés, et les temps que nous courions nous obligeaient à comprendre vite ».

Entretien avec Patrick Bachelier, secrétaire des Amis de Jean-Guéhenno, le19 février 2001.

 

Jean-Pierre Richard, né à Marseille le 15 juillet 1922, est un écrivain et critique littéraire français. Élève à la khâgne Henri IV en 1940-1941.

« La qualité de sa prise critique ? Oui, unique, bien sûr, et poétique… cette poésie consistait en un extraordinaire investissement individuel, “joué ” dans le théâtre d’un corps, d’une voix séduisante, et parvenant à faire ressentir à ses auditeurs à la fois, et c’était cela le miracle, la qualité unique, le charme matériel d’un texte, sa pente littérale, et le mouvement singulier_sentimental, philosophique, politique, psychologique _dont ce texte avait réussi à devenir l’incarnation, et même, au-delà de celle-ci, le modèle presqu’idéal. D’où l’extraordinaire généralisation (“ C’est çà Rousseau, et c’est ça la Révolution Française ! ”) ».

Lettre adressée à Patrick Bachelier, secrétaire des Amis de Jean-Guéhenno, le 29 février 2001.

 

Armand Robin, né le 19 janvier 1912 à Plouguernével, mort le 29 mars 1961 à Paris, est un écrivain français, également traducteur, journaliste, critique littéraire et homme de radio. Élève à la khâgne du lycée Lakanal de Sceaux.

« Vous ne devez pas être triste, Guéhenno; vous avez aidé tant de vos contemporains à découvrir leur noblesse, donc leur joie, donc leur confiance ; il ne se peut pas que ne revienne vers vous la joie partie de vous ; il ne se peut pas que vous ne redeveniez ce que vous avez créé. Courage : il est impossible que la vie vous paraisse longtemps amère, une lutte sans objet contre une poussière de tourments ! L'amour qui est en vous vous est aussi un très authentique gage de victoire : l'on ne se défend mal que contre ce que l'on hait et contre ce que l'on craint ; vous ne haïssez pas, vous ne craignez pas, vous ne pouvez être que vainqueur.

Mais croyez-vous vraiment que nous soyons seuls? Et vous, Guéhenno, vous n'êtes pas seul ; les hommes se pressent pour écouter celui qui parle une langue un peu plus noble que celle de la tribu ; ce sont eux qui sont seuls ; combien de gens qui ne sont que bureau, ou machine, ou comptoir ; combien d'autres qui ne sont que 3 ou 4 affaires à réussir, qu'une fille à marier comme il faut! Ils risquent de ne jamais entendre dans leur vie une seule parole qui soit purement et uniquement humaine. La plus authentique solitude est peut-être celle-là : être si réduit par la vie à son occupation individuelle que l'on ne puisse plus connaître que des "rapports", que des "relations". Mais vous, Guéhenno, sentez-vous comment vous êtes précisément "un briseur de solitude"? Tout artiste a pour premier rôle d'intercaler entre les individus des mots magiques qui établissent cette difficile et nécessaire communication ; et c'est pourquoi votre solitude n'est pas, ne peut pas être la véritable ; elle n'est qu'apparence créée par le milieu où vous vivez entre esprits, oui, l'on est seul devant ses égaux. Les 40 chevaliers de la Table Ronde ne devaient pas être très "copains": chacun d'eux s'était signalé par trop d'exploits singuliers... De même Giono devant Malraux doit se sentir bien seul, mais dès qu'il est à Manosque... Et vous-même, Guéhenno, vous vous sentez isolé parmi vos contemporains ; vous ne l'êtes que parmi quelques-uns d'entre eux, que parmi cette quarantaine d'esprits qui disposent de la destinée spirituelle de leur époque ; mais il y a les milliers d'autres et là je vous assure que vous êtes bien loin d'être seul. »

Lettre adressée par Armand Robin à Jean Guéhenno le… (date incertaine : 11 mai 1935 ( ?) 14 mars( ?) ou   11 avril 1936 ?)

 

Claude Santelli, est un réalisateur, scénariste et producteur français, né le 17 juin 1923 à Metz et mort le 14 décembre 2001. Élève à la khâgne de Louis-le-Grand en 1941-1942.

« Il a beaucoup compté dans ma vie, c’était un homme profond, avec un sens de la démocratie, de la liberté et de la vérité, ces valeurs il nous les insufflaient à mi-mots pendant cette période trouble de l’Occupation. »

Entretiens À voix nues enregistrés pour France Culture et diffusés les 29, 31 mars et 2 avril 1999.

 

Jean Sirinelli, né le 12 mai 1921 à Ville-di-Paraso et mort le 14 septembre 2004 à Paris, était un helléniste. Élève à la khâgne Henri IV en 1940-1941.

« Il se présentait à nous sous la forme d’une silhouette quelque peu particulière : il portait une cape et un béret, et une serviette toujours “ bourrée ” sous le bras. »

« Il y a du Péguy chez Guéhenno après 1914, un Péguy qui aurait survécu à la Grande Guerre. Il aura sa place dans l’étude des années 1920-1940. Jean Guéhenno est un témoin chaleureux, désintéressé, lucide, ses origines lui permettent de porter des jugements qui ne peuvent être contestés. Ses œuvres ressortiront, elles sont une période de transition. Il n’a pas la place qu’il mérite parce que l’histoire n’a pas fait son travail. Tout reste à accomplir dans l’étude des années 1920-1940. Ce travail prouvera que Guéhenno est un personnage incontournable. ».

Entretien avec Patrick Bachelier, secrétaire des Amis de Jean-Guéhenno, le 20 février 2001.